Velux qui grince : que faire ?
Graisser une fenêtre de toit qui grince, où et avec quoi
- Le grincement vient des points de pivot, pas du joint.
- Un lubrifiant sec convient, jamais une graisse épaisse.
- Le nettoyage précède toujours la lubrification.
- Rien ne va sur la friction des compas, sous peine de tout lâcher.
- Un entretien annuel prend dix minutes par fenêtre.
5 faits vérifiés3 sourcesmis à jour le 7 septembre 2026
Les axes
Deux points de pivot, et tout le bruit vient de là.
Pas sur les compas
Graisser le frein, c’est perdre la tenue de l’ouvrant.
Une fenêtre de toit qui grince à l’ouverture demande dix minutes d’entretien, pas une réparation. Encore faut-il mettre le produit au bon endroit : la même opération, mal ciblée, transforme un grincement bénin en fenêtre qui ne tient plus ouverte. Voici les points à traiter et ceux à laisser rigoureusement tranquilles.
Où faut-il mettre le produit ?
Trois points seulement, et ils se repèrent fenêtre ouverte à quatre-vingt-dix degrés, bloquée par le loquet d’aération.
Le premier, et le principal, ce sont les axes de charnière, situés au milieu de chaque montant latéral sur une fenêtre à rotation. C’est autour d’eux que l’ouvrant pivote, et c’est de là que vient le grincement dans la quasi-totalité des cas.
Le deuxième, ce sont les articulations des compas, ces bras latéraux qui retiennent l’ouvrant. Attention : on lubrifie l’axe qui pivote, jamais la surface de friction qui freine.
Le troisième, moins connu, c’est le pêne de la poignée et sa gâche. Un pêne sec grince en fin de course et donne l’impression d’une poignée qui force, alors que rien ne bloque.
Une précision sur la géométrie, parce qu’elle change les points à traiter. Sur une fenêtre à rotation, l’ouvrant bascule autour de deux axes situés à mi-hauteur, et ce sont eux qui grincent. Sur une fenêtre à projection, l’ouvrant s’ouvre par le bas autour d’axes placés en haut, et les bras de projection travaillent bien davantage. Regarde comment ta fenêtre s’ouvre avant de chercher les points.
Sur les modèles récents équipés d’une barre de manœuvre en haut, un quatrième point mérite une goutte : le pivot de cette barre, souvent oublié parce qu’on ne le voit pas. Un grincement qui se déclenche à l’instant précis où l’on saisit la barre, et pas pendant la rotation, vient presque toujours de là.
| Point | Produit | Quantité |
|---|---|---|
| Axes de charnière | Silicone en spray | Une pulvérisation brève |
| Axes de compas | Silicone en spray | Une goutte sur l’axe seul |
| Pêne et gâche | Silicone ou graphite | Une trace, essuyée ensuite |
| Friction des compas | Rien | Aucune, sans exception |
Cette dernière ligne est la plus importante du tableau. La garniture de friction des compas est ce qui retient l’ouvrant à l’angle choisi. Y mettre du lubrifiant supprime exactement la fonction qu’on cherche à préserver, et la fenêtre se met à retomber seule, cas traité dans la fiche du velux qui ne tient pas ouvert.
🚫 Ne pulvérise jamais un aérosol à la volée sur toute la fenêtre en espérant atteindre les bons points. Le produit se dépose sur le joint, qu’il ramollit, sur le vitrage, qu’il faudra nettoyer, et sur la friction des compas, qu’il ruine. Utilise la paille fournie, ou pulvérise sur un chiffon et applique au doigt : c’est plus long et infiniment plus sûr.
Quel produit choisir exactement ?
Le silicone en spray est le produit de référence sur ce type de menuiserie. Il ne retient pas la poussière, il résiste aux écarts de température d’un comble, et il ne tache pas le bois ni le revêtement de l’ouvrant.
Trois produits sont à écarter franchement :
- La graisse en tube, qui capte la poussière et forme une pâte abrasive en une saison.
- L’huile de cuisine, qui rancit, colle et attire les insectes dans les gorges.
- Le dégrippant classique, qui nettoie et dissout mais s’évapore sans laisser de film durable.
Le dégrippant a malgré tout son usage, en amont : sur un axe grippé par des années sans entretien, il sert à débloquer et à nettoyer, avant qu’on applique le silicone qui, lui, restera. C’est une séquence en deux temps, pas un choix entre deux produits.
Aère la pièce pendant l’opération : l’ANSES range les aérosols et produits d’entretien parmi les sources connues de dégradation de la qualité de l’air intérieur, et une pièce sous combles se ventile mal par nature. Ouvrir la fenêtre pendant qu’on travaille dessus règle d’ailleurs la question.

Comment procéder concrètement ?
Le nettoyage vient avant tout, et c’est l’étape que tout le monde saute. Un axe encrassé de poussière, de sable et d’insectes ne s’améliore pas parce qu’on ajoute du produit dessus : on fabrique de la pâte.
Commence donc par aspirer les gorges avec un embout fin, puis passe un chiffon sec dans chaque articulation. Sur un axe très encrassé, un coup de dégrippant et un chiffon retirent le plus gros avant lubrification.
Applique ensuite le silicone point par point, avec la paille de l’aérosol ou au chiffon, puis manœuvre la fenêtre une dizaine de fois pour répartir le produit dans l’articulation. C’est le mouvement qui fait pénétrer, pas la quantité.
Essuie enfin l’excédent, notamment sur le bois et sur le joint. Un film de silicone laissé sur un joint le rend glissant et l’empêche de pincer correctement, ce qui déplace le problème vers la fermeture, sujet traité dans la fiche de la fenêtre de toit qui ne ferme plus.
Compte dix minutes par fenêtre, une fois par an, de préférence à la fin de l’été. C’est le moment où la poussière et les pollens de la saison sont encore là et où le froid ne s’est pas installé, et un entretien fait à cette période tient toute la saison de chauffe.
J’insiste sur l’ordre parce que je l’ai vu inversé mille fois : nettoyer, puis lubrifier, puis manœuvrer, puis essuyer. Chaque étape inversée annule la précédente. Du silicone posé sur un axe encrassé fait une pâte ; une manœuvre faite avant l’application ne répartit rien ; un excédent laissé sur le joint crée un défaut de fermeture qu’on cherchera ailleurs six mois plus tard.
Un mot sur la sécurité, qui vaut pour toute intervention sur une fenêtre de toit. On travaille sur un escabeau stable, jamais sur une chaise, et de préférence à deux quand la fenêtre surplombe un escalier. Les gestes sont simples ; c’est la position qui rend l’exercice risqué, et je n’ai jamais vu personne se blesser sur le produit, seulement sur la hauteur.
Note enfin la date de ton entretien quelque part, sur une étiquette collée dans un angle du dormant par exemple. Sur trois ou quatre fenêtres de toit dans une maison, personne ne se souvient de celles qui ont été faites, et cette étiquette évite d’en oublier une pendant cinq ans, ce qui est exactement le délai au bout duquel un axe commence à s’user pour de bon.
Et si le bruit persiste ?
Un grincement qui revient dans les semaines suivant un entretien correct ne vient pas d’un manque de lubrifiant. Trois pistes, dans l’ordre.
La première est un axe usé, dont le jeu produit un bruit à chaque manœuvre. Il se repère en bougeant l’ouvrant latéralement, fenêtre entrouverte : un jeu perceptible confirme l’usure, et la pièce se remplace.
La deuxième est un frottement de l’ouvrant contre le dormant, qui produit un bruit plus sourd, davantage un raclement qu’un grincement. Le diagnostic passe alors par le réglage des charnières et non par la lubrification.
La troisième, plus rare, tient à la charpente. Un bruit qui vient de la structure autour de la fenêtre, audible aussi par grand vent sans qu’on touche à l’ouvrant, relève du bâti et non de la menuiserie. Le raisonnement rejoint celui que j’applique à une fenêtre de toit qui s’affaisse.
Sur les menuiseries coulissantes, le même type de bruit renvoie à d’autres causes, rails et galets, détaillées dans le point sur la baie vitrée qui coulisse mal.
🔩 Profite de l’entretien annuel pour vérifier le serrage des vis de charnières et de gâches, sans forcer, juste pour repérer celle qui tourne dans le vide. Une vis desserrée laisse l’ouvrant prendre du jeu, et ce jeu produit exactement le grincement qu’on attribue au manque de graisse. Deux minutes de contrôle règlent parfois ce que trois aérosols n’auraient pas réglé.
Quand ça ne vaut pas le coup
Sur une fenêtre dont les axes ont pris du jeu au point que l’ouvrant bouge latéralement de plusieurs millimètres, la lubrification ne fait plus qu’atténuer le symptôme pendant quelques semaines. Le remplacement des pièces d’articulation devient la seule réponse durable.
Et sur un modèle de plus de trente ans qui cumule le grincement, un joint fatigué et des compas mous, additionne les postes avant de commander quoi que ce soit. Le cumul approche souvent le prix d’une fenêtre neuve, dont l’isolation n’a plus rien à voir avec celle d’un modèle d’époque.
FAQ sur la fenêtre de toit qui grince
Quel produit pour graisser un velux ?
Un silicone en spray, appliqué point par point sur les axes. Il ne retient pas la poussière et supporte les écarts de température d’un comble.
Peut-on graisser les compas ?
Uniquement leur axe de pivot. La surface de friction, elle, retient l’ouvrant en position : la lubrifier fait retomber la fenêtre toute seule.
À quelle fréquence entretenir ?
Une fois par an, de préférence en fin d’été. Compte dix minutes par fenêtre, nettoyage et lubrification compris.
Le grincement peut-il venir d’autre chose ?
Oui : d’un axe usé, d’un frottement de l’ouvrant sur le dormant, ou de la charpente elle-même quand le bruit s’entend aussi par grand vent.
Trois idées reçues sur l’entretien d’une fenêtre de toit
Question 1 sur 3
Une graisse épaisse tient plus longtemps qu’un silicone en spray.
Question 2 sur 3
Il faut lubrifier toutes les pièces mobiles, compas compris.
Question 3 sur 3
Un grincement qui revient vite signale simplement qu’il faut remettre du produit.



