Carrelage qui se soulève et assurance : ce qui est couvert
Carrelage soulevé et assurance, ce qui est couvert
- Le carrelage seul n’est presque jamais couvert sans cause garantie.
- Un dégât des eaux se déclare sous cinq jours ouvrés.
- Les infiltrations sont couvertes si l’événement est soudain et accidentel.
- Un défaut d’entretien caractérisé fait tomber la garantie.
- Sur un logement neuf, la décennale du poseur prend le relais.
5 faits vérifiés3 sourcesmis à jour le 7 septembre 2026
La cause d’abord
L’assureur couvre une cause, pas un symptôme.
Écrire vite
Cinq jours ouvrés, et des photos datées.
L’expertise
Un expert vient dès que le montant grimpe.
Le logement neuf
Moins de dix ans, la décennale change la donne.
Un carrelage qui se soulève coûte cher à reprendre, et la première question qui vient est de savoir qui paie. La réponse dépend entièrement de la cause du désordre, jamais du désordre lui-même : un contrat d’assurance habitation couvre des événements, pas des symptômes. Voici comment se situer, avec les délais et les pièces à réunir.
Qu’est-ce qui est couvert exactement ?
Le principe tient en une phrase : le contrat multirisque habitation indemnise les conséquences d’un événement garanti. Un dégât des eaux, un incendie, une tempête, une catastrophe naturelle reconnue par arrêté. Un carrelage qui se décolle parce que la colle a été mal appliquée n’entre dans aucune de ces cases.
Le carrelage devient donc indemnisable quand il est endommagé par un événement couvert, et non quand il se dégrade seul. Une fuite sous chape qui décolle six mètres carrés, oui. Un joint de dilatation oublié à la pose, non.
| Origine du soulèvement | Prise en charge | Sur quel fondement |
|---|---|---|
| Fuite d’une canalisation encastrée | En général oui | Garantie dégât des eaux |
| Infiltration soudaine par la toiture | Oui si soudaine et accidentelle | Garantie dégât des eaux |
| Joint de dilatation absent | Non | Défaut de mise en œuvre |
| Humidité chronique jamais traitée | Non | Défaut d’entretien |
La nuance sur les infiltrations mérite d’être connue précisément, parce qu’elle décide de la moitié des dossiers. Elles sont prises en charge quand elles résultent d’un événement soudain et accidentel, et exclues quand elles proviennent d’un manque d’entretien : une gouttière bouchée depuis trois ans, un joint de terrasse jamais repris, une tuile cassée signalée et laissée en l’état.
C’est là que se joue la conversation avec l’assureur, et c’est aussi pourquoi je conseillais toujours de garder les factures d’entretien. Un ramonage, un nettoyage de gouttière, une reprise de joint : ces papiers valent bien davantage qu’un long courrier d’explication le jour où il faut démontrer qu’on a fait le nécessaire.
📸 Photographie le désordre avant de sécher quoi que ce soit, en cadrant large puis serré, et vérifie que la date apparaît dans les propriétés du fichier. Une trace d’humidité disparaît en deux jours de chauffage, et sans photo il ne reste plus rien à montrer. J’ai vu des dossiers refusés uniquement parce que l’occupant avait bien fait son travail de séchage avant d’appeler.
Une distinction qui revient dans presque tous les dossiers que j’ai suivis : la garantie porte sur les dommages causés par l’eau, pas sur la réparation de l’origine de la fuite. Concrètement, l’assureur prend en charge le carrelage décollé et le mur abîmé, mais pas le remplacement du flexible percé ni la reprise de la canalisation. Cette ligne surprend systématiquement, et elle figure pourtant dans tous les contrats.
Deuxième point à connaître avant d’appeler : la vétusté s’applique. Un carrelage de vingt ans n’est pas indemnisé au prix du neuf, et l’expert applique un coefficient d’abattement. Certains contrats prévoient une garantie valeur à neuf, sur une durée limitée après le sinistre et à condition de justifier des travaux réellement engagés.
📑 Relis les conditions particulières de ton contrat, pas la plaquette commerciale, avant le premier appel. Le montant de la franchise, l’existence d’une garantie valeur à neuf et la présence d’une option recherche de fuite figurent sur deux pages que personne n’ouvre jamais, et qui décident pourtant de la moitié de ce que tu toucheras à la fin.
Quels délais faut-il tenir ?
Le délai central est celui du dégât des eaux : la déclaration se fait dans les cinq jours ouvrés suivant la découverte du sinistre. Ce délai court à partir du moment où tu constates, pas du moment où la fuite a commencé, ce qui compte pour une fuite lente sous carrelage.
Trois autres échéances rythment un dossier :
- La déclaration elle-même, par téléphone puis confirmée par écrit ou depuis l’espace client.
- La recherche de fuite, que l’assureur mandate ou autorise, et qu’il ne faut pas engager seul sans accord.
- L’expertise, déclenchée au-delà d’un certain montant et qui conditionne l’indemnisation.
Le point le plus délicat est la recherche de fuite. Elle coûte cher, et beaucoup de gens la font réaliser dans l’urgence avant d’appeler leur assureur. Le remboursement devient alors incertain. L’ordre correct consiste à déclarer d’abord, puis à faire intervenir avec l’accord obtenu.
Deuxième point souvent mal compris : il faut arrêter le dommage sans attendre. Fermer une arrivée d’eau, éponger, protéger les meubles font partie des obligations de l’assuré, et personne ne te reprochera d’avoir agi. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est engager des travaux de réparation définitifs avant le passage de l’expert.
Garde enfin tous les justificatifs de dépenses engagées en urgence, y compris les petites : un déshumidificateur loué, des serpillières, une nuit d’hôtel si le logement devient inhabitable. Ces frais entrent souvent dans l’indemnisation, à condition d’avoir les tickets.
J’ajoutais toujours une précision aux occupants sur la manière de décrire le sinistre. Décris ce que tu as constaté et quand, sans interpréter la cause. Écrire « le carrelage s’est soulevé sur deux mètres le long du mur de la cuisine, constaté le 3 mars » vaut mieux qu’écrire « je pense que c’est une fuite du lave-vaisselle » : la seconde formule oriente le dossier vers une responsabilité qui n’est peut-être pas la bonne, et elle se retourne parfois contre celui qui l’a écrite.
Note aussi que le voisinage entre dans l’affaire dès qu’un dégât des eaux touche deux logements. Les assureurs se coordonnent alors selon des conventions qui leur sont propres, et l’occupant n’a pas à arbitrer entre eux : chacun déclare à son propre assureur, et la répartition se règle entre compagnies sans que le sinistré ait à courir après le voisin.
Comment se passe l’expertise ?
Au-delà d’un certain montant, l’assureur mandate un expert qui vient constater sur place. Son rôle est d’établir la cause, l’étendue des dommages et le montant de l’indemnisation, en application des garanties du contrat.
La visite dure rarement plus d’une heure. Prépare-la : les photos datées, le contrat, les factures d’entretien, celles de la pose du carrelage si tu les as, et une liste écrite des dommages constatés pièce par pièce.
Sur un carrelage, l’expert regardera deux choses en priorité. La zone décollée, qu’il délimitera au maillet exactement comme on le fait soi-même, et l’origine de l’eau, qu’il cherchera du côté des points d’eau, des murs extérieurs et des sols de l’étage supérieur.
Tu peux être en désaccord avec ses conclusions. Le contrat prévoit alors la possibilité de faire appel à un expert d’assuré, à ta charge, puis à un troisième expert en cas de blocage. Cette procédure coûte, et elle ne se justifie que sur des montants élevés.
Un conseil de terrain : ne signe rien le jour même. Demande le rapport, lis-le à tête reposée, et compare le montant proposé au devis d’un carreleur pour la même surface. L’écart entre les deux est le vrai sujet de discussion, bien plus que la description technique du sinistre.

Un dernier repère sur les délais de traitement, parce que la question vient toujours : compte plusieurs semaines entre la déclaration et le versement, davantage si une expertise est nécessaire. Cette lenteur est normale, et elle explique pourquoi il vaut mieux déclarer tôt et sécher ensuite plutôt que l’inverse.
Et si le logement a moins de dix ans ?
Là, le raisonnement change complètement. Un carrelage qui se soulève dans un logement récent relève d’abord des garanties de construction, et non de l’assurance habitation.
Deux garanties se succèdent. La garantie de parfait achèvement, la première année après réception, couvre tous les désordres signalés. La garantie décennale, pendant dix ans, couvre ceux qui rendent l’ouvrage impropre à sa destination ou compromettent sa solidité, ce qui inclut un carrelage qui se décolle sur une grande surface.
La démarche passe par une lettre recommandée à l’entreprise qui a posé, et par une déclaration à l’assurance dommages-ouvrage quand elle existe. Ce dispositif permet d’être indemnisé sans attendre qu’un tribunal ait désigné un responsable.
Beaucoup de particuliers ignorent ces recours et passent directement par leur multirisque habitation, qui refuse à juste titre. Regarde la date de réception des travaux avant tout : elle vaut parfois plusieurs milliers d’euros.
Locataire ou propriétaire, qui paie ?
La ligne de partage suit la même logique que pour le reste du logement. Le menu entretien et les petites réparations entrent dans les réparations locatives à la charge de l’occupant. Les désordres liés à la vétusté, à un vice de construction ou à la structure incombent au propriétaire.
Un carrelage qui se soulève tombe presque toujours du côté du propriétaire, parce qu’il met en cause le support ou la pose, jamais l’usage normal du logement. L’exception concerne les dégradations imputables à l’occupant : un choc, un dégât des eaux causé par un appareil mal raccordé, une inondation par négligence.
La marche à suivre pour un locataire tient en trois gestes. Signaler par écrit, avec photos et date. Déclarer à son propre assureur si un dégât des eaux est en cause, puisque les contrats se coordonnent entre eux. Et ne pas engager de travaux sans accord écrit, sous peine d’en rester le payeur final.
Les sujets voisins suivent la même logique de responsabilité : la reprise du support est traitée dans la fiche sur le retrait du ciment colle, le diagnostic sonore dans le point sur le carrelage qui craque, et les sols souples dans celui du parquet flottant qui ne clipse pas.
✉️ Envoie toujours le signalement par écrit, même si le propriétaire ou le syndic répond au téléphone dans l’heure. Un courriel horodaté suffit et coûte deux minutes. Sur les dossiers qui traînent, c’est la seule pièce qui permet de démontrer que le désordre a été signalé au moment où il est apparu, et non six mois plus tard.
Quand ça ne vaut pas le coup
Sur un désordre limité à deux ou trois mètres carrés, dont la cause est clairement un défaut de pose ancien, ouvrir un dossier d’assurance consomme du temps pour un refus prévisible. La reprise en direct coûte moins cher que les semaines de courriers.
Deuxième cas : quand le montant estimé approche la franchise du contrat. Une franchise de deux à quatre cents euros n’est pas rare, et un dossier qui aboutit à une indemnisation de cent euros nets ne mérite pas l’énergie qu’il demande.
Ouvre un dossier en revanche sans hésiter dès que l’eau est en cause et que le désordre dépasse quelques mètres carrés. À ce stade, la reprise du sol s’accompagne presque toujours d’un assèchement du support, et c’est cette ligne-là qui fait grimper le devis bien au-delà du prix du carrelage.
FAQ sur le carrelage et l’assurance
Mon assurance couvre-t-elle un carrelage décollé ?
Seulement si le décollement résulte d’un événement garanti, un dégât des eaux par exemple. Un défaut de pose ou d’entretien reste à ta charge.
Quel délai pour déclarer ?
Cinq jours ouvrés à compter de la découverte pour un dégât des eaux. Le délai court de la constatation, pas du début de la fuite.
Faut-il faire la recherche de fuite avant d’appeler ?
Non. Déclare d’abord, puis fais intervenir avec l’accord de l’assureur, sinon le remboursement de cette recherche devient incertain.
Et dans un logement de moins de dix ans ?
La garantie décennale du poseur prend le relais, avec une déclaration à l’assurance dommages-ouvrage quand elle existe. Vérifie la date de réception.

Sources
- Service PublicAssurance dégâts des eaux
- Service PublicAssurance habitation : comment se déroule l’expertise
- Service PublicEntretien courant et réparations locatives à la charge du locataire


